CPI: Une faille dans la ligne de résistance africaine?

Ces dernières années ont été marquées par une volonté réaffirmée pour les dirigeants africains de tenir tête à la Cour Pénale Internationale: inexécution de mandats d’arrêts, désapprobation ouverte contre l’anti-africanisme supposé de la Cour…
Il est surtout reproché à la Cour son enthousiasme vis-à-vis de l’Afrique: en d’autres termes la Cour ne serait que compétente pour les africains et fermerait les yeux sur des crimes commis ailleurs.
Ce désaveu collectif à l’endroit de la Cour, que même l’Union Africaine n’a pas manqué de soulever bien des fois, pourrait avoir subi un petit revirement (s’il n’entraine pas de plus grande conséquence !!!), avec la signature d’un accord entre le Mali et la CPI portant sur l’exécution des peines.

En effet, le traité de Rome de 1998, fondant la CPI, dispose que les peines prononcées par les juges « sont accomplies dans un État désigné par la Cour sur la liste des États qui lui ont fait savoir qu’ils étaient disposés à recevoir des condamnés ».  Et c’est ce pas que le Mali vient de franchir en devenant le premier pays africain à signer un tel accord avec la Cour.
Selon le Ministre des affaires étrangères du Mali, il s’agissait pour ce dernier de marquer son attachement aux valeurs défendues par la Cour ainsi que aider celle-ci dans l’accomplissement de sa mission. Voilà qui risque de faire grincer quelques dents, au regard de la méfiance de plus en plus grande des africains à l’endroit de cette juridiction internationale.
Outre le Mali, la CPI a conclu des accords relatifs à l’exécution des peines avec l’;Autriche, la Belgique, la Colombie, le Danemark, la Finlande, le Royaume-Uni et la Serbie.

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5 réflexions sur “CPI: Une faille dans la ligne de résistance africaine?

  1. N'aurait-il pas d'avantages pécunier accordé aux pays signataires? Dans ce monde d'intérêt, la « bonne foi » de la diplomatie malienne ne me parait pas gratuite…

  2. N'aurait-il pas d'avantages pécuniers accordés aux pays signataires? Dans ce monde d'intérêt, la « soudaine noblesse juridique  » dont fait preuve la diplomatie malienne ne me parait pas gratuite…

    • la ratification des accords internationaux serait elle soumise à des condition? quel
      moyen a-t – on pour vérifier une idée aussi probable et de plus en plus admise?

      • Il s’agit de la conditionnalité qui a longtemps été décriée dans le cadre de l’aide au développement. Une bonne illustration concerne le partenariat UE/ACP. J’ai personnellement produit un travail sur la question. Il ressort que l’aide au développement est d’abord et avant tout un rapport de force caractéristique des relations internationales.

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